Arthur, toujours

Publié le par Annpôl Kassis

...en avant pour un ego en passe de se surdimensionner...Une autre critique positive et authentique qui fait du bien, car, cette fois, ce n'est pas seulement à titre amical mais sous la plume d'une psychothérapeute de haut vol. A vous de voir...et de lire

"Arthur, roi de l’union

J’ai trouvé ce drame magnifique et plein d’énergie.

Le thème est excellent : c’est un thème archétype, une belle légende qui a inspiré les plus grands auteurs mais qui invite toujours à l’invention et à l’interprétation.

Le début du drame nous transporte peut-être au septième ou huitième siècle. On se croirait dans un drame shakespearien, par ces noms anglo-saxons doux et âpres. Certains ont trouvé écho à notre époque.

L’action progresse très vite contenue par la forme classique du drame et va droit au cœur du sujet. On y trouve un équilibre harmonieux. Les préludes introduisent un contexte à l’action. Morgane chante la vie et les émotions, Merlin la sagesse.

Équilibre encore entre les scènes burlesques ou romantiques, entre le rôle des hommes et des femmes, entre l’amour et la haine.

Nous sommes confrontées à des questions profondes sur la colère et la violence, la jalousie, la haine la trahison et le pardon et la mort. Nous sommes invitées à la réflexion, à la recherche du Graal : l’amour est-il possible sans liberté, sans risque ? « Cette histoire sans fin des guerres que se mènent les hommes pour construire leur Histoire » paraît tout à fait d’actualité. À quel prix peut-on forcer l’Union des peuples ? Est-ce que les croyances religieuses sont condamnées à devenir intolérantes et à anéantir mutuellement leurs plus belles valeurs? « L’ancienne alors se meurt/ c’est la loi de la terre » L’exercice du pouvoir peut-il être généreux et désintéressé ? Quelle relation entre les émotions et la raison ? Quel nœud unit les familles? « L’homme tue pour sa puissance, meurt de son ignorance »

Le destin fait partie de la tragédie : toute trahison à la croisée des chemins en entraine une autre de moins en moins contrôlable.

Ce drame nous touche au fond du cœur.

J’aimerais beaucoup en entendre la musique : l’expression des émotions se prête bien au lyrisme et l’action guerrière donne un autre rythme. Le texte poétique nous fait rêver et j’imagine d’autres sonorités plus calmes auxquelles Merlin donne le ton.

J’ai l’impression d’avoir partagé au fil de ces pages quelque chose de très beau et d’harmonieux, d’avoir ressenti quelque chose qui touche profondément à la condition humaine.

N. Rolls ( London)

Arthur, toujours

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